Livre blanc · Édition révisée pour le référentiel v1.1 · Octobre 2026

Évaluer un bâtiment,
sur cinq dimensions à la fois.

Le socle méthodologique de HoloScore — une plateforme d'aide à la décision multicritère pour la performance durable du bâtiment, articulée à l'ACV, à la RE2020 et aux études techniques sectorielles.

Ce document fixe le cadre d'évaluation, expose la méthodologie AMH (Analyse Multicritère Holistique) et son articulation avec les méthodes MCDA classiques, et documente sans détour les limites, biais et arbitrages ouverts.

Version
v1.0 révisée
Référentiel
v1.12 · 305 critères
Édité par
Holon Lab
Prochaine révision
Mai 2027
01 Résumé exécutif

Une plateforme MCDA pour comparer des variantes bâtiment, en toute transparence.

HoloScore est une plateforme d'aide à la décision multicritère (MCDA) dédiée à l'évaluation des bâtiments en phase de conception. L'unité d'analyse est la variante bâtiment : un assemblage cohérent de matériaux, produits et équipements répartis par sous-lot, complété par les indicateurs réglementaires propres à l'échelle bâtiment (Bbio, Cep, Cep,nr, Ic_construction, Ic_énergie, DH). Ce choix d'échelle aligne l'outil avec le périmètre légitime de comparaison défini par la Réglementation Environnementale 2020.

305
critères actifs sur 5 axes
5
méthodes MCDA en parallèle
5
conditions nécessaires RE2020
20
paliers d'indice de précision

L'outil évalue chaque variante bâtiment au travers d'un référentiel normalisé de 305 critères actifs organisés en cinq axes — environnemental (ENV), économique (ECO), social (SOC), technique (TEC) et résilience au changement climatique (RES) — et mobilise cinq méthodes MCDA (WSM, TOPSIS, VIKOR, ELECTRE III, PROMETHEE II) pour produire un classement de variantes accompagné d'une analyse de sensibilité documentée.

Cinq conditions nécessaires (CN) RE2020 dérivées de l'arrêté du 4 août 2021 — sur Ic_construction, Ic_énergie, Bbio, Cep,nr et DH — peuvent être activées en mode strict, en mode cible ou en mode informatif. Elles s'appliquent avant le classement : ce sont des seuils, pas des critères. Le mécanisme CN est extensible.

★

La contribution méthodologique principale de HoloScore est l'Analyse Multicritère Holistique (AMH) : un cadre hybride qui étend le principe additif de l'ACV aux cinq axes du référentiel.

L'ACV au sens des normes ISO 14040, ISO 14044 et NF EN 15804+A2 apparaît comme un cas particulier de l'AMH restreinte à l'axe environnemental. HoloScore pose en outre une articulation explicite entre la MCDA et les études techniques sectorielles.

Les données environnementales proviennent des résultats d'ACV produits par les logiciels agréés (FDES conformes à NF EN 15804+A2) et des récapitulatifs RSEE et RSET au sens RE2020. Les autres axes s'appuient sur les documents extra-financiers publics des fabricants (CSRD/ESRS), les labels et certifications tierces, les registres financiers publics, les fiches techniques et Avis Techniques du CSTB, les bases publiques de toxicologie (ANSES, INRS, ECHA REACH) et la littérature académique. Chaque valeur est accompagnée d'un indice de précision sur une échelle de vingt paliers (0 à 95).

HoloScore revendique la conformité de ses sources primaires aux normes ISO 14025:2006 et NF EN 15804+A2. La plateforme n'est pas un outil d'ACV réglementaire, n'est pas un produit certifié ISO à ce jour, et ne prétend pas remplacer la base INIES.

02 Contexte et enjeux

Pourquoi évaluer un bâtiment sur cinq axes — et pourquoi maintenant.

2.1 Une transformation réglementaire de grande ampleur

Le secteur de la construction connaît depuis 2020 un basculement normatif sans précédent depuis la RT 2012. La Réglementation Environnementale 2020 introduit pour la première fois en droit français un seuil d'empreinte carbone opposable aux permis de construire, calculé sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment. Les seuils se durcissent par paliers en 2025, 2028 et 2031.

IndicateurDéfinitionUnité
BbioBesoin bioclimatique conventionnel — performance passivepoints
CepConsommation d'énergie primaire totalekWhEP/m²·an
Cep,nrConsommation d'énergie primaire non renouvelablekWhEP/m²·an
Ic_constructionImpact carbone des composants de constructionkgCO₂eq/m² SDP
Ic_énergieImpact carbone des consommations en exploitationkgCO₂eq/m² SDP
DHDegrés-heures d'inconfort estival°C·h

Parallèlement, la directive européenne CSRD (2022/2464/UE) impose à un périmètre élargi d'entreprises la publication d'un rapport de durabilité audité selon les ESRS. S'ajoutent la taxonomie verte (UE 2020/852), le règlement SFDR (UE 2019/2088) et la directive EPBD IV (2024).

2.2 Une demande ESG structurante, au-delà du carbone

La question environnementale ne suffit plus à caractériser la durabilité d'un projet. Les donneurs d'ordre publics intègrent désormais dans leurs critères d'attribution des indicateurs sociaux, économiques et techniques aux côtés des indicateurs environnementaux (clauses sociales, achat responsable, SPASER). Côté privé, la pression des investisseurs (indices et notations ESG), des assureurs et des utilisateurs finaux (certifications HQE, BREEAM, LEED, BBCA, WELL) converge vers une évaluation multidimensionnelle.

Reste l'adaptation. La RE2020 et l'ACV mesurent ce que le bâtiment fait au climat ; elles ne disent pas ce que le climat fera au bâtiment. La trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation (TRACC) retient +2,7 °C en France métropolitaine à l'horizon 2050 : la tenue d'une variante face à l'inondation, aux argiles, à la grêle ou à la canicule devient une question de conception. C'est l'objet de l'axe Résilience (§ 5.7).

2.3 Les limites des outils existants

Les plateformes historiquement utilisées pour l'évaluation environnementale des bâtiments sont des outils d'ACV réglementaire. Leur finalité est le calcul conforme à la méthode RE2020 ou aux référentiels internationaux. Elles ne proposent généralement ni pondération multicritère, ni agrégation inter-axes, ni classement direct de variantes selon un compromis ESG. Les outils de notation extra-financière d'entreprise opèrent à l'échelle du fabricant, non à celle du bâtiment ; les solutions BIM d'analyse environnementale intégrée restent adossées à un moteur d'ACV.

HoloScore se positionne dans cet espace : outil d'aide à la décision multicritère à l'échelle bâtiment, articulé en aval des logiciels d'ACV agréés et en amont des études techniques sectorielles.
03 Positionnement

Ce que HoloScore est. Ce qu'il n'est pas.

✓ HoloScore est
  • Une plateforme d'aide à la décision multicritère pour variantes de bâtiment
  • Un référentiel normalisé de 305 critères sur 5 axes
  • Une méthodologie de scoring explicite avec analyse de sensibilité
  • Un journal d'exécution permettant de rejouer le calcul à l'identique
✗ HoloScore n'est pas
  • Un outil d'ACV réglementaire (logiciel agréé RE2020)
  • Un référentiel de certification de bâtiment (HQE, BREEAM, LEED, BBCA)
  • Un comparateur de fiches FDES matériau par matériau
  • Un substitut à la base INIES

3.1 Utilisateurs cibles

Les utilisateurs cibles sont les acteurs de la décision en conception et passation des marchés : assistants à maîtrise d'ouvrage HQE, bureaux d'études, maîtres d'ouvrage publics et privés, architectes et maîtres d'œuvre, entreprises générales, économistes de la construction, directions RSE et Achats, et investisseurs immobiliers en due diligence. Les organismes de régulation et d'évaluation constituent un public cible secondaire pour le présent livre blanc.

3.2 Échelle d'analyse : la variante bâtiment

L'unité d'évaluation est la variante bâtiment : un assemblage cohérent de matériaux répartis par sous-lot d'un CCTP, complété par les caractéristiques propres du bâtiment et par les indicateurs réglementaires de l'étude thermique RE2020. Un projet type comprend deux à dix variantes.

i

Choix de méthode. L'évaluation à l'échelle bâtiment procède de quatre constats : (i) plusieurs indicateurs réglementaires n'existent qu'à l'échelle bâtiment ; (ii) la performance d'un matériau dépend de son intégration ; (iii) la décision se prend par arbitrage d'ensemble ; (iv) la comparaison entre matériaux bruts est encadrée par des conditions d'équivalence strictes mécaniquement satisfaites entre variantes bâtiment.

3.3 Configurabilité par cas d'usage

HoloScore propose neuf pondérations système, dont Équilibrée, Bas carbone, Circularité / réemploi, Résilience / assurabilité et, pour les marchés publics, Prix 60 / Technique 40 (§ 7.5) — et cinq configurations MCDA standard : Standard équilibré, Précautionneux, Proportionnel, Statistique, Exploratoire (§ 7.4). Toute configuration est sauvegardable, partageable et reproductible.

04 Sources de données

Huit familles de sources, articulées dans un pipeline tracé.

La qualité d'un outil d'aide à la décision est subordonnée à la qualité de ses données d'entrée. HoloScore mobilise huit familles de sources, chacune documentée en périmètre, fréquence et niveau de confiance.

Carte interactive

Survolez une source pour en lire le détail.

Chaque source alimente un ou plusieurs axes du référentiel. Le hub central agrège, l'indice de précision pondère.

4.1 Données ACV — sorties de logiciels agréés (FDES INIES)

Les indicateurs environnementaux (ACV1–32) entrent dans HoloScore via les sorties des logiciels d'ACV agréés (Pleiades, etc.). Ces logiciels calculent à partir des FDES de la base INIES — base française de référence opérée par l'Alliance HQE-GBC sous l'égide du ministère de la Transition écologique, dont les FDES sont établies conformément à NF EN 15804+A2 (2019) et vérifiées par tierce partie selon ISO 14025:2006. HoloScore n'héberge pas la base INIES et n'effectue pas le calcul d'ACV : il ingère les résultats produits par l'outil agréé de l'utilisateur, garantissant traçabilité et conformité réglementaire sans recalcul.

4.2 Études thermiques réglementaires RE2020 (RSEE et RSET)

Les indicateurs réglementaires à l'échelle bâtiment sont produits par l'étude thermique RE2020 (méthode Th-BCE 2020, arrêté du 4 août 2021), consignés dans le RSEE (Ic_construction, Ic_énergie) et le RSET (Bbio, Cep, Cep,nr, DH). En V1.0 l'utilisateur saisit les valeurs ; l'import structuré XML est en feuille de route.

4.3 Documents extra-financiers (CSRD, ESRS)

Une trentaine de critères mobilisent les rapports de durabilité CSRD : intensité carbone Scope 1+2 et 3, énergie renouvelable, prélèvements d'eau, indicateurs sociaux. Fréquence annuelle ; fiabilité élevée pour les entreprises au régime de publication audité.

4.4 Labels, notations et certifications tierces

Les critères d'engagement RSE s'appuient sur EcoVadis, B Corp, Solar Impulse, Ruptur, ISO 14001 / ISO 45001, NF HQE, BREEAM, LEED, BBCA, WELL et la note CDP Climat. Les labels tiers sont non exhaustifs : l'absence de label ne préjuge pas de la performance.

4.5 Registres financiers publics

Les critères de solidité fournisseur mobilisent Pappers, InfoGreffe et les documents de référence AMF. Fiabilité élevée pour les entités françaises.

4.6 Fiches techniques, Avis Techniques et publications du CSTB

Fiches techniques fabricant, Avis Techniques (ATec) et DTA du CSTB, certifications produit (ACERMI, CSTBat, NF, marquage CE), procès-verbaux d'essai-feu selon NF EN 13501-1/-2, retours pathologiques AQC.

4.7 Bases publiques de toxicologie et de santé-environnement

ECHA REACH (substances SVHC, CLP), ANSES, INRS, et l'étiquetage A+/A/B/C/D (décret 2011-321).

4.8 Littérature académique

Littérature MCDA (Saaty, Roy, Hwang & Yoon, Brans & Vincke, Opricovic & Tzeng), qualité des données (Weidema, Pedigree Matrix), facteurs de pondération EF 3.1 du Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC), publications ADEME, CSTB, Alliance HQE-GBC. Pour l'axe Résilience : les essais du guide CLG 2007 Improving the flood performance of new buildings, le FEMA NFIP Technical Bulletin 2 (2008) et le guide CIRIA C790, qui fondent la notation des matériaux face à l'inondation.

4.10 Exclusions

HoloScore n'incorpore pas les sources commerciales non vérifiables ni les contenus non attribués. La publicité n'est pas une source recevable.

05 Référentiel d'évaluation

305 critères, 5 axes, une nomenclature stable et auditable.

Le référentiel HoloScore en service (v1.12, octobre 2026) compte 305 critères actifs, répartis sur cinq axes et 68 catégories. Parmi eux, 37 critères d'entrée alimentent un indice ou une criticité sans peser eux-mêmes dans le score. La catégorie RE2020 de l'axe ENV, introduite par la v1.0, est conservée.

5.1 Vue d'ensemble

AxeCritères actifsCatégoriesdont critères d'entrée
ENV Environnemental8115—
ECO Économique59920
SOC Social6615—
TEC Technique7320—
RES Résilience26917
Total3056837

Les critères d'entrée de l'axe ECO sont les vingt notes de probabilité et de gravité des risques assurantiels ; ceux de l'axe RES notent la tenue des matériaux et du bâtiment face à chaque aléa. Les critères archivés — dont les douze critères CN1–CN12 qui portaient les conditions nécessaires — ne sont pas comptés. La liste complète, avec la définition et l'origine de chaque donnée, est publiée sur la page Critères.

Visualisation interactive

Le référentiel v1.12 — explorez par axe.

Survolez un axe pour voir sa composition, ses critères actifs et ses catégories.

5.2 Quatre familles de critères

① Extensifs (additifs)

Valeur bâtiment = somme des contributions matériau. ACV1–32, prix total, déchets, distances pondérées.

② Intensifs (qualitatifs)

Qualifications qui ne s'additionnent pas (λ, Euroclasse, Rw, classe COV, notes de risque). Remplacées par un calcul bâtiment intégré quand il existe, sinon agrégées en moyenne pondérée par le carbone (changement climatique total × quantité posée).

③ Bâtiment-natifs

Indicateurs n'existant qu'à l'échelle bâtiment : Bbio, Cep, Ic_construction (étude RE2020), études acoustique, incendie ou lumière du jour, indices calculés pour la variante (résilience à l'inondation, part de réemploi).

④ Entreprise

Qualifications d'entreprise (CSRD, EcoVadis, B Corp, ISO 14001/45001). Les indicateurs CSRD sont lus chez l'entreprise qui réalise la variante ; les qualifications portées par les fiches des fabricants s'agrègent en moyenne pondérée par le carbone.

Le passage matériau → bâtiment pour les critères extensifs s'écrit :

$$v_{\text{bâtiment}}(c) = \sum_{i \in I} \big(\text{impact\_unitaire}_{i,c} \cdot \text{quantité\_posée}_i\big)$$

5.3 Axe environnemental (ENV) — 81 critères

Dominé par les indicateurs ACV produits déposés sur INIES selon NF EN 15804+A2 (ACV1–32), complétés par la catégorie RE2020 (cinq indicateurs bâtiment-natifs ; le DH a rejoint l'axe Résilience en v1.10), les critères entreprise (CSRD) et offre (environnement de chantier), et, depuis la v1.3, les indicateurs CAP2030 de carbone et foncier, d'énergie, d'eau, de flux de matière et de biodiversité, saisis par variante. Le critère ACV1 sommé sur le bâtiment correspond, à un cadrage de périmètre près, à Ic_construction de la RE2020 — restitués séparément, l'écart étant un signal de cohérence.

Deux catégories ont rejoint l'axe avec la v1.1. Le transport (TRA1–4) : distance du produit jusqu'au chantier (module A4) et de ses déchets vers le recyclage, la valorisation ou l'élimination (module C2). L'économie circulaire (CIRC1–4) : recyclabilité et valorisation en fin de vie, part de réemploi de la variante — calculée depuis sa composition, parce qu'un même produit peut être neuf dans une offre et réemployé dans une autre —, contenu recyclé, et réemploi in situ du gisement identifié par le diagnostic PEMD, qui ne s'applique qu'aux projets soumis à ce diagnostic. Chacune prend 5 % de l'axe dans la grille de base.

5.4 Axe économique (ECO) — 59 critères

Combine un volet « coût complet » (ECO1–7) et un volet « assurabilité / risque », différenciateur par rapport aux approches d'ACV classiques, complétés par le chantier et le phasage, l'approvisionnement, les critères d'offre et les indicateurs CSRD de l'entreprise. Le volet assurabilité réunit la conformité technique, le retour d'expérience, la maturité technique et l'acceptation assurantielle (ECO8–11).

Risques assurantiels, notés en criticité. Dix familles de désordres : humidité et capillarité, retrait-gonflement, fissuration, corrosion, instabilité dimensionnelle, délamination, risque biologique, incendie, mauvaise pose, vieillissement prématuré. Pour chacune, la criticité RISk est le produit de la probabilité RIS_Pk par la gravité RIS_Gk, notées sur 10, soit une valeur de 0 à 100 au sens de l'AMDEC. Le produit distingue un risque moyen sur les deux plans (5 × 5 = 25) d'un risque fréquent mais bénin (9 × 1 = 9), que la somme des deux notes confondait. Les vingt notes sont des critères d'entrée ; seules les dix criticités pèsent. L'ancien indicateur de synthèse ECO12, qui comptait les risques une seconde fois, est archivé.

Sinistralité attendue. Le coût du prochain sinistre (ECO_NEXT_CLAIM), en euros : ce que coûterait une crue de même hauteur à la variante telle qu'elle est conçue — la part du prix des ouvrages exposés que leurs matériaux ne sauvent pas, plus le remplacement des équipements non protégés. C'est la traduction économique de la résilience à l'inondation (§ 5.7) ; sans hauteur d'eau de référence sur le projet, il ne s'applique pas.

5.5 Axe social (SOC) — 66 critères

Quinze catégories : santé, sécurité et conditions de travail ; pratiques de travail ; filière et emploi territorial ; insertion et formation ; RSE et traçabilité sociale ; qualité de l'air intérieur (classe d'émission COV) ; confort d'été assuré (v1.10) ; sécurité et clauses sociales des offres ; indicateurs sociaux CSRD de l'entreprise, dont l'égalité femmes-hommes (v1.4) ; et cinq catégories CAP2030 — qualité d'usage, air intérieur, confort thermique, acoustique, éclairage. Depuis la v1.2, les critères de santé et de sécurité (SOC1–6) et la classe COV (SOC28) s'agrègent en moyenne pondérée par le carbone, et non plus au maillon faible (§ 10.4).

5.6 Axe technique (TEC) — 73 critères

Le plus dense, en vingt catégories, dont trois catégories CAP2030 (perméabilité et ventilation, démontabilité et évolutivité, low-tech) : performances intrinsèques (thermique, feu, acoustique, mécanique), compatibilité inter-lots, mise en œuvre — dont le taux de chute (TEC46) —, maintenance et exploitation — dont la fréquence d'entretien (TEC45) —, durabilité et pathologies, documentation et conformité. Quand une étude thermique RE2020 existe, Bbio et Cep (catégorie RE2020 de l'axe ENV) priment sur l'agrégation des critères thermiques des matériaux. S'y ajoutent les études du projet — acoustique, hygrothermique, sécurité incendie, lumière du jour — et le mémoire technique des offres.

Avec la v1.1, l'axe gagne la catégorie réversibilité et démontabilité (TEC47, aptitude du produit à être déposé sans destruction puis réemployé, selon ISO 20887:2020), qui prend 5 % de l'axe dans la grille de base, et la catégorie innovation (TEC48), visible et activable mais à poids nul dans les pondérations système. Trois critères sont archivés : le risque pathologique global, la sensibilité générique aux aléas climatiques, doublon des indices de l'axe Résilience, et le taux de sinistres passés. Les douze critères CN1–CN12, qui portaient les conditions nécessaires, sont archivés eux aussi : les conditions nécessaires sont des seuils appliqués avant le classement, pas des critères (§ 5.8).

5.7 Axe résilience (RES) — 26 critères

L'axe ENV et la RE2020 mesurent ce que le bâtiment fait au climat : c'est l'atténuation. L'axe Résilience au changement climatique mesure ce que le climat fera au bâtiment : sa tenue face aux aléas que le réchauffement rend plus fréquents ou plus intenses, et ce qu'il coûtera de le remettre en état. C'est l'adaptation. L'axe occupe la place de l'ancien cinquième axe, avec la même couleur.

Huit aléas, une catégorie par aléa, un indice de variante sur 10 par aléa (8 critères) et les critères d'entrée qui les alimentent (17 critères) ; s'y ajoute l'indicateur CAP2030 de risque multi-aléas, restitué sans poids. Chaque indice combine M, la tenue des produits ou composants exposés, et D, les dispositions constructives propres à l'aléa, déclarées en place, partielles, absentes ou sans objet. Depuis la v1.11, les huit indices se calculent dès que leurs entrées sont renseignées. Une classe absente, illisible ou « performance non déterminée » est une donnée manquante, jamais un zéro.

AléaIndice sur 10Ce qui le nourrit
Inondationa·M + (1 − a)·D, a = 0,4 / 0,5 / 0,7 selon la stratégieTenue à l'immersion, séchabilité, nettoyabilité, réparabilité des ouvrages exposés ; quatorze dispositions
Pluies intenses0,4·M + 0,6·DClasse d'étanchéité à la pluie battante des produits exposés, relative à l'exigence du site
Retrait-gonflement des argiles0,5·S + 0,5·DProfondeur d'ancrage des fondations face à l'exigence de zone (arrêté du 22 juillet 2020) ; l'étude géotechnique prime
Grêle0,7·M + 0,3·DDiamètre de grêlon résisté par la couche extérieure
Vent et tempête0,4·M + 0,6·DClasses de résistance au vent des baies, fermetures et membranes, relatives à l'exigence du site
Chaleur et caniculeétude en climat futur ; sinon DH réglementaire ; sinon 0,3·M + 0,7·DDegrés-heures d'inconfort et survivabilité passive (TRACC 2050), DH de la RE2020, inertie
Feux de forêt0,4·min(toiture ; façade) + 0,6·DClasse de la toiture, Euroclasse de la façade exposée
Gel et froid0,7·M + 0,3·DClasse d'exposition au gel-dégel des produits exposés

L'indice inondation

L'aléa est un fait du projet : la hauteur d'eau de référence (PPRI, territoire à risque important ou étude), identique pour toutes les variantes ; sans elle, l'indice se calcule sur une hauteur de test de 0,5 m, à précision basse, et le rapport le dit. La stratégie — empêcher l'eau d'entrer, la laisser entrer, ou décider au cas par cas — est déduite de cette hauteur selon les seuils du guide CLG 2007, 0,3 m et 0,6 m, sauf choix explicite du projet, et fixe le partage entre M et D.

M note les ouvrages exposés : les lignes de composition situées sous la hauteur d'eau. Une paroi stratifiée est notée au minimum de ses couches, car un seul maillon faible suffit à retenir l'eau. D note quatorze dispositions constructives — clapets anti-retour, tableau électrique et chaudière surélevés, plaques de plâtre posées horizontalement, zone refuge… —, adossées à l'arrêté du 23 septembre 2021 ; une disposition non renseignée vaut 0.

$$I_{\text{inondation}} = a \cdot M + (1 - a) \cdot D \quad \in [0, 10]$$

Les grilles de notation des matériaux s'appuient sur les essais du guide CLG 2007, les classes du FEMA NFIP Technical Bulletin 2 et la distinction entre résistance et récupérabilité du guide CIRIA C790. Le coût du prochain sinistre, qui en est la traduction en euros, appartient à l'axe ECO (§ 5.4).

Règles de l'axe

  • Une étude dédiée prime sur le calcul. Étude géotechnique pour les argiles, simulation thermique en climat futur pour la chaleur : quand elle existe pour le site, c'est elle qui donne l'indice.
  • Les critères d'entrée ne pèsent pas. Agrégés à la variante par le maillon faible, ils alimentent l'indice ; la résilience pèse par son indice, jamais deux fois.
  • L'exposition du site pèse chaque aléa. Faible, moyenne ou forte, elle multiplie le poids de l'aléa par 1, 2 ou 3 ; un aléa qui ne concerne pas le site en sort, sur justification ; non documentée, elle vaut « moyenne ». Elle se lit à l'adresse du site sur Géorisques (argiles, inondation, feux), puis se confirme. Face à un aléa fort, un indice sous 4/10 est une condition nécessaire, informative par défaut.
  • La chaleur lit le DH réglementaire à défaut d'étude (v1.10) : le DH quitte l'axe ENV pour devenir une entrée de l'indice, la condition nécessaire DH ≤ DHmax restant en place. Le confort d'été assuré par un moyen actif se note à part, dans l'axe social, pour que la climatisation ne masque pas la conception.
  • Classes présumées. Une ligne exposée sans aucune classe reçoit la classe exigée du site quand une règle sourcée couvre sa famille — fenêtres à la pluie et au vent, béton au gel —, à précision 10 ; jamais à la place d'une classe déclarée.
  • Frontière avec les risques assurantiels. Les risques de l'axe ECO notent une défaillance du produit en usage normal ; l'axe RES, une défaillance déclenchée par un aléa extérieur. Le retrait-gonflement du matériau n'est pas celui du sol argileux, et aucun des deux n'est compté à la place de l'autre.
  • Pondération. L'axe pèse 5 % dans la pondération Équilibrée, 20 % dans les préréglages Remise en état inondation et Résilience / assurabilité. Un indice sans valeur sort du calcul et son poids revient aux aléas évalués, puis aux autres axes si l'axe entier est vide.

5.8 Conditions Nécessaires — 5 CN RE2020

Les conditions nécessaires (CN) sont des seuils, appliqués avant le classement : elles ne pèsent pas dans le score. Le référentiel retient cinq CN RE2020 (Ic_construction, Ic_énergie, Bbio, Cep,nr, DH), activables en mode strict (seuil à la date du PC), en mode cible (seuil futur 2025/2028/2031) — une variante qui échoue est alors retirée du classement — ou en mode informatif, où elle reste classée et l'échec est signalé. Le mécanisme est extensible : des CN activables portent déjà sur les études du projet (acoustique, incendie, hygrothermique, lumière du jour) et sur le diagnostic PEMD, cette dernière toujours informative.

06 L'Analyse Multicritère Holistique

AMH — un cadre hybride entre l'ACV et les méthodes MCDA classiques.

L'AMH articule trois principes : (i) l'extension du principe additif de l'ACV aux critères extensifs des cinq axes ; (ii) le respect de la physique propre à chaque domaine via l'articulation avec les études domain-specific ; (iii) la pondération multi-niveaux tracée, intégrée à une analyse de sensibilité systématique.

6.2 Principe méthodologique en cinq étapes

①

Définition de l'unité fonctionnelle bâtiment

Nature et usage, SDP, zone climatique, DVR (50 ans), variantes. La SDP en m² est l'UF de référence.

②

Acquisition des profils par variante

Matériaux par sous-lot, caractéristiques du bâtiment, indicateurs des études techniques externes (RSEE/RSET). Chaque valeur dotée d'un indice de précision (0–95).

③

Application des Conditions Nécessaires

Les CN actives sont appliquées en premier ; les variantes qui échouent sont signalées ou retirées.

④

Agrégation matériau → bâtiment et calcul AMH

Somme pour les extensifs, valeur du bâtiment pour les bâtiment-natifs et les indices calculés, moyenne pondérée par le carbone pour les intensifs, les risques et la santé-sécurité, maillon faible pour les seules entrées de résilience. Normalisation puis pondération à trois niveaux.

⑤

Restitution et analyse de sensibilité

Classement, concordance des cinq méthodes mesurée par le τ de Kendall, variation des pondérations ; protocole détaillé en 6.5.

6.4 Formalisation mathématique

Soit $V$ l'ensemble des variantes et $C$ celui des critères actifs. Le score d'axe est la somme pondérée par catégorie et par critère :

$$s_{axe}(v, a) = \sum_{cat \in a} w_{cat} \cdot \sum_{c \in cat} w_c \cdot x_{norm}(v, c)$$

Le score AMH global est la somme pondérée des scores d'axe :

$$s_{global}(v) = \sum_{a} w_a \cdot s_{axe}(v, a)$$

Cette formulation correspond au cas WSM. TOPSIS, VIKOR, ELECTRE III et PROMETHEE II substituent leurs propres mécanismes, les pondérations restant communes.

6.5 Stabilité et analyse de sensibilité

Un score AMH isolé est par construction fragile. Le livre blanc fixe un protocole de sensibilité à trois volets : variation des pondérations (±10 points par axe, 3⁵ = 243 combinaisons), comparaison des cinq méthodes, tirages de Monte Carlo (1 000) sur les valeurs de faible précision.

L'application en exécute aujourd'hui une partie. Les cinq méthodes tournent sur les mêmes données et les mêmes poids, et leur concordance est mesurée par le τ de Kendall (variante tau-b, qui tient compte des ex aequo), en moyenne sur les dix paires de méthodes. Les poids d'axes se déplacent un à un, et les points de bascule du classement sont signalés. Les 243 combinaisons croisées et les tirages de Monte Carlo restent à intégrer ; le simulateur du § 7 en donne une illustration sur des données synthétiques.

!

Critère de robustesse AMH. Un classement est robuste lorsque la variante de tête figure en première position dans au moins 80 % des configurations testées. En deçà, le rapport signale qu'aucune variante n'est clairement dominante.

6.6 Articulation avec les études domain-specific

Pour de nombreux critères techniques, une moyenne pondérée des valeurs matériau n'a pas de sens physique. À titre d'illustration, la résistance thermique d'une paroi est la somme des résistances en série :

$$R_{\text{paroi}} = \sum_i \frac{e_i}{\lambda_i}$$
Une moyenne pondérée des λ de matériaux n'a pas de sens à l'échelle bâtiment ; le Bbio en a un.
07 Méthodologie MCDA

Cinq méthodes en parallèle pour un classement robuste.

Le calcul MCDA se déroule en sept étapes, chacune tracée : un journal d'exécution permet de rejouer le calcul à l'identique.

7.3 Normalisation

MéthodeFormuleDomaine de pertinence
Min-max défaut(v − v_min) / (v_max − v_min)Usage généraliste
Z-score(v − μ) / σPanels larges, valeurs aberrantes
Vectoriellev / √(Σ v²)Combinaison avec TOPSIS
Ratio au maxv / v_maxLisibilité métier
Logarithmiquelog(v) → [0, 1]Indicateurs asymétriques

7.4 Données manquantes, critères écartés et configurations standard

Une seule stratégie de données manquantes s'applique à tout le panel d'une analyse. Par défaut, une valeur absente prend la pire valeur observée sur le critère : un trou ne fait jamais gagner. Deux autres réglages existent : retirer le critère pour toutes les variantes, ou imputer la moyenne du panel — réglage avancé, jamais appliqué par défaut.

Avant le classement, le moteur écarte aussi ce qui ne départage personne ou ne s'applique pas :

  • un critère constant sur toutes les variantes, une fois les données manquantes traitées ; son poids reste dans sa catégorie ;
  • un critère de poids nul, pour qu'il ne puisse pas poser de veto dans ELECTRE III ;
  • un critère non applicable au projet : le réemploi in situ sans diagnostic PEMD, l'indice inondation et le coût du prochain sinistre sans hauteur d'eau de référence.

Un axe sans aucune donnée rend son poids aux autres axes, au prorata. Un test vérifie qu'il donne alors exactement les scores et les rangs d'un panel sans cet axe, pour les cinq méthodes. L'onglet Hypothèses de chaque analyse dit quels critères ont été écartés parce que constants ou de poids nul.

ConfigurationNormalisationDonnées manquantesParticularité
Standard équilibré défautMin-maxPire valeurUsage généraliste
PrécautionneuxMin-maxPire valeurVIKOR orienté vers le moindre regret (v = 0,2)
ProportionnelRatio au maxRetrait du critèreLecture en pourcentage du meilleur
StatistiqueZ-scorePire valeurPROMETHEE gaussienne (σ = 0,2), VIKOR v = 0,7
ExploratoireVectorielleRetrait du critèrePremière passe, données partielles

Les cinq configurations calculent la somme pondérée (WSM) et exécutent les quatre autres méthodes en parallèle (§ 7.6).

7.5 Pondérations à trois niveaux et presets

AxeÉquilibréeJustification
ENV25 %Cohérence avec RE2020 et taxonomie verte
ECO25 %Équilibre coût/performance attendu
SOC20 %Montée en puissance CSRD, clauses sociales
TEC25 %Non négociabilité des exigences techniques
RES5 %Adaptation au changement climatique ; sans aléa renseigné, l'axe est vide et ses 5 % reviennent aux autres axes

La pondération s'applique à trois niveaux — axes, catégories, critères. Depuis septembre 2026, la grille de base ne répartit plus le poids à parts égales entre les critères d'une catégorie : chaque critère reçoit une part justifiée, et les quatorze impacts ACV suivent les facteurs de pondération EF 3.1 du JRC. Les préréglages orientés vers un enjeu descendent jusqu'au critère par des coefficients multiplicateurs, appliqués au-dessus de cette grille.

Neuf pondérations système

PréréglageENVECOSOCTECRESRemarque
Équilibrée252520255Défaut
Bas carbone50155255Empreinte carbone ×3, stockage biogénique ×2 ; environnement de chantier d'une offre ×2
Coût optimisé105010255Prix et coût global sur la durée de vie renforcés
Responsabilité sociale251540155Insertion et conditions de travail renforcées ; sécurité et clauses sociales d'une offre ×2
Technique dominante152010505Performances et durabilité renforcées
Circularité / réemploi32,522,517,522,55Économie circulaire ×9,33, soit 10,5 % du score ; réversibilité ×2
Remise en état inondation2030151520Catégories égales dans chaque axe ; prix, conformité et assurabilité, sinistralité attendue et impacts ACV ×2
Résilience / assurabilité2025102520Sinistralité attendue ×3, risques assurantiels ×1,5, conformité et durabilité ×1,3
Marché public — Prix 60 / Technique 400600400Code de la commande publique : seuls les critères de l'offre et de l'entreprise pèsent

Chiffres en pourcentage du score. Un axe sans aucune donnée rend son poids aux autres axes au prorata : c'est le cas de l'axe RES sur un projet sans aléa renseigné. Il n'y a qu'un type d'analyse : un appel d'offres est une analyse dont le jeu de critères contient les critères de l'offre et de l'entreprise. Dans les huit préréglages généraux, chaque catégorie d'offre pèse comme une catégorie moyenne de son axe. Les quatorze pondérations d'avant le 6 octobre 2026 ont été fondues dans ces neuf : Performance environnementale et Bas carbone chantier dans Bas carbone, RSE renforcée dans Responsabilité sociale, les variantes « appel d'offres » d'Équilibrée et de Technique dominante dans les générales.

Les poids peuvent être fixés directement — presets typés ou réglage manuel aux trois niveaux — ou déduits par comparaison par paires : l'AHP (Analytic Hierarchy Process) calcule des poids cohérents à partir de comparaisons binaires, avec un ratio de cohérence contrôlé. La pondération reste une option appliquée au surplus, une fois les conditions nécessaires franchies.

Ouvrir le calculateur de pondération (AHP) →

7.6 Les cinq méthodes MCDA

WSM
Weighted Sum
« Somme pondérée — intuitive et compensatoire »
TOPSIS
Hwang & Yoon, 1981
« Distance à la solution idéale et anti-idéale »
VIKOR
Opricovic & Tzeng, 2004
« Compromis utilité / regret (θ = 0,5) »
ELECTRE III
Roy, 1996
« Surclassement avec pseudo-critères »
PROMETHEE II
Brans & Vincke, 1985
« Flux nets de préférence par paires »
Simulateur en direct

Réglez les pondérations. Observez les 5 méthodes en parallèle.

4 variantes bâtiment fictives, 5 méthodes MCDA en temps réel. Démonstration pédagogique — les performances par axe sont synthétiques.

Heatmap de sensibilité — 243 configurations
Chaque cellule = un classement WSM en faisant varier chaque poids d'axe de −10, 0 ou +10 points (3⁵ = 243). Couleur = variante de tête.
08 Assurance qualité des données

Trois dispositifs : QA automatisée, QC stratifié, indice de précision.

8.1 Indice de précision — échelle à 20 paliers

Chaque valeur est accompagnée d'un indice de précision sur une échelle ordinale à vingt paliers (0, 5, …, 95), adaptée des recommandations Pedigree Matrix (Weidema, 1996) et d'ISO/IEC 25012:2008. La précision ne modifie pas les poids : elle est restituée à part, critère par critère, pour éclairer le verdict sans le changer.

Échelle de précision

De l'estimation à la mesure directe.

Survolez les segments pour voir le palier et son qualificatif.

0 — Aucune25 — Faible50 — Limitée70 — Correcte95 — Certitude
Survolez un segment.

8.4 Badges de qualité par fiche

A
Badge A
≥ 80 % critères, précision ≥ 70
B
Badge B
≥ 60 % critères, précision 50–70
C
Badge C
≥ 40 % critères ou précision < 50

8.5 SLA et signalement

Tout utilisateur peut signaler une valeur contestée (ticket horodaté). SLA : réponse sous 5 jours ouvrés, correction sous 10 jours ouvrés sur les critères renseignés par HoloScore (économiques, techniques, sociaux, de résilience). Les indicateurs ACV provenant des sorties de logiciels agréés relèvent de la source de l'utilisateur.

09 Conformité et alignement normatif

Ce que nous revendiquons — et ce que nous ne revendiquons pas.

9.1 Ce que HoloScore revendique

  • Conformité des sources primaires à NF EN 15804+A2:2019 et ISO 14025:2006.
  • Alignement avec NF EN 15978:2012, ISO 14044:2006, ISO/IEC 25012:2008.
  • Conformité RGPD (UE 2016/679).
  • Respect des conditions d'usage INIES — souscription en cours.

9.2 Ce que HoloScore ne revendique pas

  • N'est pas certifié ISO 14025:2006.
  • N'est pas validé par un comité scientifique indépendant à ce jour (en feuille de route).
  • N'est pas un outil d'ACV réglementaire : les indicateurs RE2020 officiels requièrent un logiciel agréé.
  • N'est pas un référentiel de certification (HQE, BREEAM, LEED, BBCA).
10 Limites et biais connus

Huit limites identifiées, documentées et contrôlées.

L'honnêteté sur les limites est un pilier de la crédibilité d'un outil d'aide à la décision.

10.1 Couverture inégale par famille de produit+

INIES couvre bien structure, isolation et menuiseries extérieures ; moins bien second œuvre et produits de niche.

Mesure : indicateur de couverture par lot ; avertissement si couverture moyenne < 70 %.

10.2 Biais des pondérations par défaut+

Les pondérations par défaut résultent d'un arbitrage à dire d'expert — contestable.

Mesure : pondérations présentées comme une option ; presets typés ; sensibilité ±10 points par axe.

10.3 Dépendance à la qualité des FDES et études thermiques+

Une étude mal calibrée propage ses biais à la catégorie RE2020 et au calcul d'Ic_construction.

Mesure : indice de précision ; restitution séparée d'Ic_construction officiel et d'ACV1 agrégé — l'écart est un signal.

10.4 Règles d'agrégation matériau→bâtiment ouvertes+

La moyenne pondérée par le carbone (changement climatique total × quantité posée), règle des critères intensifs et, depuis la v1.2, des risques assurantiels et de la santé-sécurité, est un choix parmi plusieurs (prix, contribution physique). Elle dilue un point singulier très exposé — un joint, une étanchéité — dans la masse de l'ouvrage, ce que le maillon faible ne faisait pas. Elle a besoin d'une empreinte carbone sur les fiches : sans elle, ces critères sortent du calcul comme critères sans donnée.

Mesure : règle explicitée dans le rapport ; une importance saisie par ligne de composition reste une piste ouverte.

10.5 Agrégation limitée pour les domaines sans étude intégrée+

Là où aucune étude domain-specific n'est intégrée (acoustique, hygrothermique, lumière du jour, structure en V1.0), la moyenne pondérée des critères matériau ne reflète pas la physique du domaine.

Mesure : le rapport signale le caractère transitoire de la moyenne pour chaque domaine concerné ; l'utilisateur est invité à compléter par les études techniques externes.

10.6 Non-substitution aux outils d'ACV réglementaires+

HoloScore ne calcule pas d'ACV réglementaire. Les indicateurs RE2020 officiels doivent être produits par un logiciel agréé.

Mesure : avertissement explicite à chaque export de rapport.

10.7 Absence de validation par tiers indépendant à ce jour+

Aucune autorité ou institution académique indépendante n'a, à ce jour, audité la méthodologie. Limite réelle, commune aux outils émergents.

Mesure : publication du présent livre blanc ; feuille de route : comité scientifique + audit tiers.

10.8 Axe Résilience : des indices calculables, des entrées encore rares+

Les huit indices d'aléa se calculent depuis la v1.11, mais leurs entrées — classes des produits, dispositions constructives, exposition du site — se renseignent encore surtout projet par projet ; le relevé des classes sur le catalogue a commencé par les menuiseries. Sans entrée, un indice manque : il sort du calcul et son poids revient aux aléas évalués, jamais comblé par une valeur supposée. Le chiffrage en euros n'existe que pour l'inondation.

Mesure : classes présumées, à précision 10, seulement quand une règle sourcée couvre la famille du produit ; liste des pièces à demander affichée par aléa ; un test vérifie qu'un axe sans donnée donne exactement le classement d'un panel sans cet axe.

11 Gouvernance et versioning

Un comité scientifique à constituer, trois objets versionnés, un changelog public.

11.1 Comité scientifique (à constituer dans les 12 mois)

Sa mission : réviser la méthodologie, arbitrer les évolutions du référentiel, et trancher les arbitrages ouverts signalés (règles d'agrégation des intensifs, pondération de la catégorie RE2020, périmètre des critères entreprise). Composition cible 5 à 7 membres (ACV, sciences de la construction, économie, sciences sociales, utilisateurs métier).

11.2 Politique de versioning

Objet versionnéSchémaVersion
Logiciel HoloScoreSémantique MAJOR.MINOR.PATCHen production
Référentiel de critèresVersionnage dédié + changelogv1.2 (octobre 2026)
Livre blanc méthodologiqueVersion + datev1.0 (mai 2026), révisée en octobre 2026

Le référentiel a connu trois versions : v1.0 (mai 2026), v1.1 (1er octobre 2026, axe Résilience) et v1.2 (5 octobre 2026, criticité des risques et moyenne pondérée par le carbone). Chaque analyse exécutée est horodatée, porte la version du référentiel avec laquelle elle a été calculée et peut être rejouée à l'identique.

12 Feuille de route

Engagements à 12 et 24 mois.

Aujourd'hui — référentiel v1.12
  • 305 critères, 5 axes dont la résilience
  • Huit indices d'aléa calculables
  • Cadre CAP2030 intégré
  • Mode esquisse et échelle parc
  • Import RSEE / RSET
  • Catégorie RE2020 + 5 CN
  • 5 méthodes MCDA en parallèle
  • Indice de précision 20 paliers
+ 12 mois
  • Connecteurs d'import depuis les logiciels d'ACV agréés (Pleiades, etc.)
  • Comité scientifique constitué
+ 18 mois
  • 1ʳᵉ étude simplifiée : acoustique NRA
  • Article méthodologique AMH soumis
  • Dépôt INPI pour antériorité
+ 24 mois
  • Études hygrothermique, feu, lumière intégrées
  • Mapping HQE / BREEAM / LEED / BBCA
  • Audit méthodologique par tiers
13 Annexes

Glossaire, bibliographie, formules d'agrégation.

Annexe A — Glossaire

30 entrées. Les termes en pointillés dans le texte affichent leur définition au survol.

Annexe D — Formules d'agrégation (extrait)

D.1 WSM

$$S_{\text{WSM}}(v) = \sum_c w_c \cdot v_{\text{norm}}(v, c)$$

D.5 TOPSIS — proximité à l'idéal

$$C^*(v) = \frac{d^-(v)}{d^*(v) + d^-(v)} \in [0, 1]$$

D.6 VIKOR — compromis utilité / regret

$$Q_v = \theta \cdot \frac{S_v - S^*}{S^- - S^*} + (1 - \theta) \cdot \frac{R_v - R^*}{R^- - R^*}$$

D.8 PROMETHEE II — flux nets

$$\phi(a) = \phi^+(a) - \phi^-(a)$$