HoloScore est une plateforme d’aide à la décision multicritère (MCDA) pour la construction. Elle compare des variantes sur cinq axes — environnement, économie, social, technique, résilience au changement climatique — avec le même moteur à trois échelles : des solutions dans un usage donné, des variantes de bâtiment (partis d’esquisse, puis variantes d’avant-projet, puis offres d’entreprises) et des stratégies de rénovation d’un patrimoine. Elle s’utilise à toute phase, y compris avant tout calcul RE2020, et documente chaque choix pour qu’il puisse être défendu.
Comprendre HoloScore
Matériau : des solutions — un produit seul ou un système de couches — ramenées à la même unité fonctionnelle, dans un usage et un projet donnés ; jamais des fiches entre elles. Bâtiment : des partis d’esquisse composés levier par levier, puis des variantes d’avant-projet, puis des offres d’entreprises ; la trajectoire d’un parti se suit d’une phase à l’autre. Parc : des stratégies de rénovation d’un patrimoine — maintien, gestes ciblés, rénovation performante, démolition-reconstruction, résidence par résidence et année par année. Le moteur de classement, les cinq méthodes et l’indice de précision sont les mêmes aux trois échelles.
L'AMH est le cadre méthodologique de HoloScore. Elle étend la logique de l'analyse de cycle de vie à cinq axes — environnemental, économique, social, technique et résilience au changement climatique — et organise la consommation des études techniques sectorielles (étude thermique RE2020 aujourd'hui, autres domaines en feuille de route) dans une démarche décisionnelle unifiée. Elle englobe l'ACV comme cas particulier et ne s'y substitue pas.
Plusieurs indicateurs réglementaires majeurs — besoin bioclimatique, consommation d'énergie primaire, impact carbone de la construction — n'existent qu'à l'échelle du bâtiment et ne peuvent être restitués produit par produit. La performance réelle d'un matériau dépend par ailleurs fortement de son intégration : interfaces, mise en œuvre, conditions aux limites. Enfin, une décision de conception se prend par arbitrage d'ensemble entre options de bâtiment, pas isolément. L'échelle bâtiment est donc le périmètre de comparaison légitime. Quand la question porte sur un lot, l’échelle matériau compare des solutions dans leur usage, à unité fonctionnelle et durée de vie égales.
Non. HoloScore consomme les résultats de l'étude thermique RE2020 et des fiches de déclaration environnementale ; il ne les produit pas et ne s'y substitue pas. Sa valeur ajoutée est de placer ces résultats, aux côtés d'autres dimensions, dans une comparaison multicritère lisible entre variantes. En esquisse, quand aucune étude n’existe encore, il estime les indicateurs RE2020 depuis les partis, fourchette comprise : une aide à l’arbitrage, pas un calcul réglementaire, que l’étude du bureau d’études remplace dès qu’elle existe.
Les données et leur fiabilité
Les données proviennent prioritairement de sources reconnues : pour la performance environnementale des produits, les résultats d'ACV produits par les logiciels agréés (fiches conformes à la norme NF EN 15804+A2, basées sur les FDES de la base INIES), récapitulatifs standardisés d'études thermiques au sens RE2020, documents extra-financiers publics des fabricants, labels et certifications tierces, registres publics de toxicologie et de santé, avis techniques, et littérature académique relative à la MCDA et à l'analyse de cycle de vie. En esquisse, les fiches options s’appuient sur des calculs de référence établis avec les données génériques et collectives de la base nationale, les moyennes de déclarations d’au moins trois fabricants et l’Observatoire RE2020 ; aucune donnée d’un fabricant particulier ne qualifie une option. L’exposition du site aux aléas se lit à l’adresse sur Géorisques, puis se confirme. Chaque valeur est consolidée à partir de ces sources documentées.
Les indicateurs propres à l'échelle bâtiment sont issus de l'étude thermique RE2020 réalisée par un bureau d'études selon la méthode réglementaire. Ils sont saisis ou importés depuis les fichiers normés de cette étude (RSEE, RSET) et alimentent directement l'axe environnemental, sans recalcul par HoloScore. Avant l’étude, en esquisse ou en APS, Ic construction, Ic énergie, Cep et Cep,nr s’estiment depuis les partis, à partir des bases de l’Observatoire RE2020 et des écarts propres à chaque option ; le rapport dit, parti par parti, d’où viennent ses indicateurs.
Chaque valeur du référentiel est accompagnée d'un indice de précision sur une échelle ordinale de vingt paliers, de 0 à 95. Il reflète la fiabilité de la source et sa proximité avec le produit ou le bâtiment réel. Cet indice rend explicite le degré de confiance attaché à chaque donnée ; il est restitué dans chaque rapport, variante par variante et critère par critère, et plafonné en esquisse selon le niveau des sources.
Non. Les fournisseurs ne s'auto-évaluent pas : ils transmettent des documents, et l'évaluation est produite à partir de ces pièces selon une méthode unique appliquée à tous. Ce principe garantit l'homogénéité du référentiel et prévient toute valorisation déclarative non étayée.
Le cinquième axe mesure ce que le climat fera au bâtiment, quand l’axe environnemental mesure ce que le bâtiment fait au climat. Huit aléas — inondation, pluies intenses, retrait-gonflement des argiles, grêle, vent et tempête, chaleur et canicule, feux de forêt, gel et froid — portent chacun un indice sur 10, calculé à partir de la tenue et des classes des produits exposés et des dispositions constructives prévues. L’exposition du site pèse chaque aléa : faible, moyenne ou forte, lue à l’adresse sur Géorisques puis confirmée, ou écartée quand l’aléa ne concerne pas le site. Une étude dédiée de l’aléa prime toujours sur le calcul.
Oui. Les 45 critères du Cadre Commun de Référence CAP2030, déclinés en 50 indicateurs (carbone, énergie, eau, circularité, biodiversité, qualité d’usage, air intérieur, confort, acoustique, éclairage, enveloppe, évolutivité, sobriété technique, adaptation), sont intégrés au référentiel. Ils se saisissent par variante depuis les outils du cadre. Un indicateur qui redouble un critère existant n’est jamais compté deux fois : il est restitué sans poids.
Rapport aux FDES et au cadre INIES
Non. L'évaluation se fait à l'échelle du bâtiment ; une fiche de déclaration environnementale est une donnée d'entrée, jamais l'objet de comparaison. HoloScore ne produit pas de note ni de label qualitatif sur une fiche individuelle. Le résultat est un indicateur composite, contextuel et relatif au projet considéré, qui positionne des variantes les unes par rapport aux autres au sein d'un même périmètre.
La comparaison de produits suppose une unité fonctionnelle, un périmètre et une durée de vie de référence équivalents. Ces conditions sont satisfaites de façon structurelle lorsqu'on compare deux variantes de bâtiment répondant au même cahier des charges fonctionnel : même surface de référence, même durée de vie, même périmètre d'étude. C'est précisément ce qui rend l'échelle bâtiment robuste.
Méthode de calcul et résultats
HoloScore implémente cinq méthodes éprouvées de la littérature MCDA : la somme pondérée (WSM), TOPSIS, VIKOR, ELECTRE III et PROMETHEE II. Disposer de plusieurs méthodes permet de vérifier la stabilité d'un classement et d'en discuter la sensibilité au choix méthodologique.
Un score traduit le positionnement relatif d'une variante au sein du panel d'un projet donné, sur une échelle homogénéisée. Il se lit toujours dans son contexte : un score n'a de sens que comparé aux autres variantes du même projet, sous les mêmes pondérations. Il ne s'agit pas d'une note absolue transposable d'un projet à un autre.
Non. La pondération s'organise sur trois niveaux — axe, catégorie, critère — et reste configurable selon les enjeux du projet. Deux garde-fous limitent la compensation : les seuils réglementaires (conditions nécessaires RE2020) écartent d’abord une variante qui ne les tient pas, quoi qu’elle fasse ailleurs ; et la tenue face à un aléa suit la règle du « maillon faible » : la couche la plus fragile d’une paroi exposée fixe sa note, sans moyenne.
Les données manquantes ne sont jamais remplacées par une moyenne : soit le critère concerné est écarté, soit la variante reçoit la pire valeur observée (approche prudente). La stratégie retenue est documentée dans le rapport, afin que le lecteur sache comment l’incertitude a été traitée et puisse en apprécier l’effet sur le classement.
Oui. L'analyse de sensibilité permet de mesurer comment le classement réagit à un ajustement des pondérations, des seuils ou des hypothèses méthodologiques. Un classement stable sous plusieurs scénarios inspire davantage de confiance ; un classement fragile est signalé comme tel plutôt que masqué.
Usage
HoloScore s'adresse aux assistants à maîtrise d'ouvrage, bureaux d'études environnement, maîtrises d'ouvrage, maîtrises d’œuvre, entreprises de construction, et aux bailleurs pour leurs stratégies de patrimoine. Il sert à toute phase : dès l’esquisse, où les arbitrages structurants se jouent, puis en avant-projet et à l’analyse des offres, en suivant chaque parti d’une phase à l’autre.
HoloScore génère des rapports d'analyse documentés : classement des variantes, contributions par axe, justification méthodologique (pondérations, normalisation, méthodes de classement), fiches variantes et analyse de sensibilité. Le rapport donne au lecteur les moyens de comprendre comment les résultats ont été obtenus et, si nécessaire, de les contester.
Oui. Un parti se compose levier par levier — réhabiliter ou démolir, fondations, structure, isolation, façades, menuiseries, toiture, second œuvre, chauffage, eau chaude, ventilation, rafraîchissement, électricité, eaux pluviales, stationnement — à partir d’un catalogue de fiches options sourcées, ramenées au pré-métré du projet. Chaque valeur porte sa fourchette et son niveau de source ; un écart contenu dans l’incertitude n’est pas présenté comme une préférence. Les seuils RE2020 y sont évalués à titre indicatif : ils signalent un dépassement probable sans écarter aucun parti.
Les résidences sont décrites par une typologie et sept variables (période, logements, surface, étiquette et consommation du DPE, énergie de chauffage, mode constructif, état du bâti) et rattachées à des archétypes étudiés une fois par parcours. Une stratégie s’écrit par des règles lisibles — par exemple « rénovation performante des étiquettes F et G à partir de 2027, 120 logements par an » — et la carte d’affectation en découle. Le budget ne se compense jamais : une stratégie qui dépasse l’enveloppe est écartée avant le classement. Les critères propres au bailleur se rattachent aux cinq axes, et le résultat se relit jusqu’à la résidence. La comparaison ne remplace ni un diagnostic ni la priorisation du bailleur.
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Le livre blanc méthodologique détaille les sources, la normalisation et les méthodes de classement employées par HoloScore.